37 ans après, la piste de Carmaux fait peau neuve !

L’athlétisme fait parti des pionniers du sport à Carmaux. Dans le sillage du Club U.S.Carmaux, lors de sa création elle n’a jamais dévié de son couloir pour rester une des bases de cette union, grâce à l’altruisme, la perspicacité et l’amour du sport de ses 15 présidents qui se sont succédé, en plus de 60 ans de vie.

Les années 40... Stade des Amouriès

En 1940, née l’Union Sportive de Carmaux. L’athlétisme se pratique alors au Stade des Amouriès près de l’emplacement de l’usine de carrelage « Grès Occitan » autrefois appelé « Stade de la Cyanamide » propriété exclusive de la mines ou se produisaient les équipes de « l’Olympique de Carmaux », club omnisport de la Houillère.

Le sol de la piste est constitué de mâchefer, cendrée provenant de la combustion du charbon dans centrale thermique de Carmaux. Avant l’arrivée du synthétique, les installations du monde entier se composaient soit de terre battue, soit de mélange de sable, chaux briques pilées, soit en herbe. La plupart des aires d’élan du saut en longueur étaient situées face aux tribunes officielles et étaient donc faites d’herbe du terrain de jeu.

La section Athlétisme locale n’avait pas de structure propre car les principaux acteurs venaient du basket et de la « Gymnastique de l’étoile » (Ecole libre de Carmaux). D’ailleurs, jusqu’en 1945 et peut être 1946, le président était le m^me que celui du basket et l’entraîneur un dirigeant de cette section.

Hélas…. La Guerre !
L’effectif de la section est de 25 athlètes. Les 20 – 24ans partent au STO en Allemagne et la guerre fait de nombreux prisonniers.
En 1943 ont lieux les Championnats du Tarn à Carmaux. Cet évènement draine un public considérable (même les soldats Allemands). Les distractions sont rare en cette période. Le stade de Carmaux est très moderne pour l’époque.

En 1948 est organisé un relais en ville à l’occasion des Fêtes de la St Privat : 1500m – 800m – 400m – 200m – 100m. Cette épreuve s’est répétée pendant 4 ans et a été remporté 3 fois par l’équipe locale, qui a obtenu la deuxième place la seule année non vainqueur.

Les années 50... l'évolution du matériel !

La piste mesure 466m à cette époque. Les dirigeants se procurent des plans et avec l’aide des géomètres et des jardiniers de la Houillère, ils ramènent celle-ci à 400m avec 6 couloirs en ligne droite et 4 en courbe.
Un butoir est installé pour la perche ainsi que pour le lancer du poids, la fosse du saut en longueur est allongée, une planche d’appel règlementaire est mise en place.
Les départs accroupis n’utilisaient pas de starting-blocks. Nous trouvions à la place des trous creusés à la pelle, un pour chaque pied. L’atelier de la mine fabriquera donc ces starting-blocks. Beaucoup de clubs à cette période n’en possédaient pas encore.
Vers cette période là, les perches en bambou furent remplacées par des perches en duralumin, matériaux moins fragile mais aussi rigide (le record du monde était de 4,63m)

En 1953, une section de cross voit le jour. Pendant plusieurs années les Championnats du Tarn de cette discipline ont lieux à Carmaux. Départ du Stade des Amouriès, puis circuit dans les coteaux environnants. Seule épreuve accidentées de la Région, cependant très appréciée par tous.

Dans le milieu des années 50, l’effectif augmente (une cinquantaine de membres) et l’encadrement s’étoffe :

  • Vitesse /haie : Max BOUDOU
  • Javelot / perche / marteau : Guy BATISTA
  • Disque / demi-fond / poids : Francis VERACRUZ
  • Fond / cross / steeple : Edouard PIWOWARCZYK
  • Hauteur / longueur / Triple saut : Robert REDONDO

    Acquisition en 1958 d’appareil de musculation plus évolués fabriqué notamment par F. VERACRUZ au sein de la Houillère.

Les années 60... Performances et nouveau style !

Des athlètes aux Internationaux juniors. Parmi eux, Michel SANTOS qui remportera le 1500m  steeple à St Sébastien lors d’une rencontre France Espagne. Il participera au Cross de l’Humanité à Paris accompagné par Jacques GARCIA et remporteront l’épreuve dans leurs catégories respectives.

Les dirigeants du club progressent également :

  • Maurice CATHALA réussit l’examen de chronométreur National : il ira à Brazzaville officier lors des Jeux Africains.
  • Robert REDONDO, alors président de la section athlétisme, obtient le diplôme d’entraîneur 3ème degrés saut et juge arbitre national. Il entraînera jusqu’en 1964, au Château de Lespinet à Toulouse, des filles et des garçons de classe interrégionale et nationale.
  • Guy BATISTA et Edouard PIWOWARCZYK obtiennent quant à eux le diplôme d’entraîneur 1er degrés.

    L’effectif est d’environ 70 athlètes à cette époque. La section compte de nombreux titres au niveau régional. Certains athlètes établissent les meilleures performances Pyrénéennes et parfois même Française.

Les Jeux Olympiques de Mexico en 1968 marqueront cette période avec notamment la victoire de Colette BESSON sur 400m mais aussi un nouveau style sur le saut en hauteur : le « Fosbury Flop » inventé par le champion Olympique Dick FOSBURY.
Robert REDONDO, alors membre de l’association des entraîneurs de France, participe au colloque d’après les JO de Mexico à Toulouse pour analyser avec des spécialistes du saut en hauteur ce style alors méconnu de tous les entraîneurs.